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Dans une métropole nord-américaine,
Église du Bon Berger

 

 

 

   Sepp Ganser gravit les marches du perron de l’église et s’immobilisa un instant face au portail. Il poussa un soupir, puis il tendit la main vers la poignée de la porte. Ses yeux croisèrent la chevalière glissée dans l’annulaire de sa main droite. La lumière de la lune traversa le rubis enchâssé et révéla un crâne subtilement gravé sous la pierre. Se désintéressant du bijou, Ganser serra la poignée de la porte et tira dessus. Une brise malveillante s’engouffra aussitôt dans l’église. La fraîche rafale fit cligner des yeux la collection de lampions multicolores disposés à peu de distance de l’entrée. Ganser ne leur porta aucune attention. Son esprit était ailleurs. D’un pas rapide, il fonça par le transept, coupa à droite à travers les bancs et se dirigea droit vers les confessionnaux. Une fois dans l’isoloir, de toute son âme il souhaita entendre coulisser le petit panneau de treillis. Sa prière fut exaucée. Chuchotant à demi, un prêtre le convia à s’exprimer. Ganser prit aussitôt la parole :

— Pardonnez-moi, mon père, je suis un putain de pécheur.

— Nous en sommes tous, mon fils. Il faut simplement garder foi en Dieu. Lui seul peut nous guider dans Sa lumière et…

— M’en veuillez pas, mon père, mais avec ce que je viens de vivre… avec ce que j’ai vu, je ne crois même plus que Dieu existe.

— Vous ne devez pas douter de l’existence de Dieu, mon fils. Dieu est à la base de tout et de tous…

— Je suis désolé, mon père. Mais vous ne vivez pas dans mon monde. J’ai vu le Mal. Le Mal dans sa forme la plus pure, la plus épouvantable qui soit. J’ignore totalement pourquoi je vous parle de ça… de toute manière, vous ne pouvez pas comprendre.

Ganser commença à se redresser.

— Non, attendez, mon fils. Si vous êtes venu jusqu’ici, c’est parce que vous saviez pouvoir obtenir du réconfort. Je vous en prie, racontez-moi…

De l’autre côté de l’isoloir, le prêtre entendit soupirer son interlocuteur.

— Bon… d’accord, dit Ganser en se rasseyant, je ne sais pas si cela va m’apporter du réconfort, comme vous dites, mais je dois absolument me confier à quelqu’un. Je ne sais même pas par quel bout commencer…

— Allez-y simplement par le début, mon fils.

— Par le début, oui… le Mal, je l’ai vu de près à travers les épreuves que j’ai vécues depuis quelques semaines à peine…

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